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    Poursuite de 300 000$ contre Amir Khadir

    Le député de Québec solidaire se défend d’avoir diffamé un ancien collecteur de fonds du PQ

    20 avril 2017 |Améli Pineda | Justice
    Le député de Québec solidaire Amir Khadir 
    Photo: Ameli Pineda Le Devoir Le député de Québec solidaire Amir Khadir 

    Le député de Québec solidaire Amir Khadir se défendra ce jeudi devant la Cour supérieure dans une poursuite intentée par un ancien associé de Tony Accurso, qui l’accuse d’avoir tenu des propos diffamatoires à son égard lors d’émissions de radio en 2013.

     

    M. Khadir aurait ciblé à deux reprises Marcel Melançon, qui a été collecteur de fonds pour le Parti québécois (PQ) et qui a également été associé avec l’entrepreneur en construction Tony Accurso.

     

    M. Melançon poursuit le député de Québec solidaire pour une somme de 300 000 $ en dommages pour les propos diffamatoires qu’il aurait tenus lors de deux émissions de Dutrizac diffusées sur les ondes du 98,5, en septembre et décembre 2013.

     

    M. Khadir aurait laissé entendre une première fois que M. Melançon organisait des cocktails de financement pour le PQ et qu’il donnait des « cours 101 » de financement illégal. Il se basait alors sur un témoignage de Jean Brault, un des principaux acteurs du scandale des commandites lors d’audiences de la commission Moisan, mais ces propos n’ont jamais été retenus comme étant véridiques.

     

    M. Khadir aurait également insisté sur le lien entre M. Melançon et l’homme d’affaires Tony Accurso.

     

    Après cette sortie, le député solidaire se serait rétracté. Dans une lettre d’excuses envoyée le 21 novembre 2013 à M. Melançon, M. Khadir aurait avoué avoir tenu « des propos trop imprécis et confus ».

     

    « Quand j’ai reçu la lettre, j’ai cru que ça réglait le problème. Un homme a le droit de faire une erreur, mais quelques semaines plus tard il récidivait », a expliqué M. Melançon lors de son témoignage mercredi.

     

    Récidive

     

    L’homme a raconté avoir reçu « une claque en arrière de la tête » deux semaines plus tard lorsqu’il a entendu M. Khadir répéter, à la même émission, qu’il était le principal argentier du PQ à la fin des années 1990.

     

    « Il est même allé plus loin en me qualifiant de “bag man”. Dans mon livre à moi, il n’y en a qu’une définition à ce terme-là, et c’est là que je me suis dit qu’il fallait que ça cesse […] On peut faire de la politique par croyance, parce qu’on est convaincu de ce qu’on dit, mais on ne doit pas le faire dans le but de détruire une réputation », a-t-il fait valoir.

     

    Il a insisté durant son témoignage sur le fait qu’il a collecté des dons pour le PQ seulement une fois, en 1995, lors du référendum. Après la défaite, il ne s’est plus impliqué dans le financement de la formation politique, a-t-il assuré.

     

    M. Melançon, qui a terminé son témoignage mercredi, dit poursuivre M. Khadir pour qu’il prenne conscience de l’impact que peuvent avoir des propos diffamatoires. Il dit prendre notamment des médicaments puisqu’il souffre depuis d’insomnie.

     

    Il a souligné que ce n’est pas la première fois que le député solidaire tient des propos jugés diffamatoires. Il a même qualifié de « tactique » les façons de faire de M. Khadir.

     

    « Il s’excuse et, quelques semaines plus tard, il recommence », a-t-il dit.

     

    S’il gagne sa cause, M. Melançon n’entend pas garder l’argent pour lui, il souhaite plutôt le remettre à une fondation.

     

    « M. Khadir, c’est un homme écouté, un homme qui se donne. Avant de parler, mon père nous disait qu’il faut tourner sept fois sa langue dans sa bouche. Je pense que M. Khadir doit faire attention à ne pas attaquer des réputations inutilement et de façon opportuniste », a-t-il indiqué.

     

    Présent au palais de justice mercredi, il a déclaré qu’à ses yeux M. Melançon interprète mal ses propos. « Il y a une incompréhension de sa part de ce que je dis […] Je pense que c’est injustifié de poursuivre un politicien, quelqu’un qui est impliqué dans le débat public pour le bâillonner », a-t-il fait valoir.

     

    Le député de Mercier est attendu jeudi matin pour livrer son témoignage.













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