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    L’argent promis par Québec arrive avec des mois de retard dans les écoles

    L'austérité prend une autre forme, accuse le PQ

    21 mars 2017 | Marco Bélair-Cirino - Correspondant parlementaire à Québec | Québec
    Le gouvernement avait promis d’octroyer 35 millions de dollars en 2016-2017 pour «accroître la réussite des élèves et des étudiants».
    Photo: Michaël Monnier Le Devoir Le gouvernement avait promis d’octroyer 35 millions de dollars en 2016-2017 pour «accroître la réussite des élèves et des étudiants».

    Les règles du gouvernement du Québec empêchent des directions d’écoles, de cégeps et d’universités d’utiliser des fonds pourtant annoncés depuis belle lurette afin de satisfaire des besoins pressants de leur clientèle. À ce chapitre, la Fédération des cégeps du Québec a appris les conditions d’admissibilité à la mesure d’« amélioration de la maîtrise du français », qui faisait partie du 3e budget Leitão, déposé en mars 2016, seulement vendredi dernier.

     

    Cette mesure financée à hauteur de 3,2 millions de dollars permettra aux cégeps de lancer des « initiatives concrètes, adaptées aux réalités de [leurs] établissements [offrant] des outils supplémentaires pour mieux relever le défi de l’amélioration de la maîtrise du français », écrit le sous-ministre adjoint à l’Enseignement supérieur, Simon Bergeron, dans une lettre datée du vendredi 17 mars 2017.

     

    La Fédération des cégeps du Québec attendait de telles « modalités de dépenses et de reddition de comptes » depuis mai dernier. En effet, les établissements connaissent bon an mal an les règles budgétaires deux mois après la présentation du Budget du Québec, explique la porte-parole de l’organisation, Judith Laurier. « Après cela, on est capable d’embaucher des gens à temps pour le début la session d’automne, en août », souligne-t-elle dans une entrevue téléphonique avec Le Devoir. « D’ailleurs [l’amélioration de la maîtrise du français], ça fait partie des postes budgétaires qui ont beaucoup été coupés. Quand on a vu des sommes dans le dernier budget, on était ravis. Vous savez à quel point le français est important », ajoute-t-elle.

     

    L’affaire n’est toutefois pas dans le sac pour la Fédération des cégeps du Québec. Le haut fonctionnaire Simon Bergeron « invite » dans sa lettre de vendredi dernier les directeurs généraux des cégeps à soumettre un plan d’action triennal afin de mettre la main sur leur part de l’enveloppe budgétaire de 3,2 millions de dollars prévue pour déployer le 3e volet du programme de « Soutien à l’atteinte de l’excellence en enseignement supérieur ». Il leur précise qu’ils recevront « prochainement » un courriel renfermant le lien vers un « formulaire à compléter en ligne pour soumettre [leur] plan d’action ». Ce n’est pas tout. « [Ce message électronique] sera suivi d’un second envoi, contenant quant à lui le code d’accès, ainsi que le mot de passe [leur] permettant d’y accéder », fait remarquer le serviteur de l’État québécois.

     

    Anglos, francos : une aide identique

     

    D’autre part, le programme prévoit une aide financière identique aux collèges francophones et anglophones pour « mieux relever le défi de l’amélioration de la maîtrise du français ». Le ministère a choisi de répartir les 3,2 millions en fonction du nombre de sites de chacun des cégeps plutôt que par leur profil démographique. Par exemple, les cégeps de Marie-Victorin et Dawson pourront chacun toucher 47 000 $, comparativement à 141 000 $ pour le cégep régional de Lanaudière, qui compte trois campus : un à Joliette, un à L’Assomption et un à Terrebonne.

     

    « Favoriser la maîtrise du français est au coeur de la mission éducative du réseau des cégeps », insiste le sous-ministre adjoint Simon Bergeron dans sa missive.

     

    Le député péquiste Alexandre Cloutier a reproché lundi au gouvernement libéral de continuer d’imposer l’« austérité », mais de façon « plus sournoise », « plus subtile ». « On se pète les bretelles dans des grandes annonces [ : des budgets, des mises à jour économiques]. On annonce des bonbons, mais en réalité, on s’organise pour ne jamais déballer le bonbon », a-t-il lancé lors d’une conférence de presse.

     

    De son côté, la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ) dit avoir appris seulement lundi qu’« une somme récurrente de 3 millions de dollars [puisée dans les fonds supplémentaires annoncés lors de la mise à jour économique du 25 octobre dernier] sera consacrée à l’ajout de petites cohortes en formation professionnelle ». Le gouvernement avait promis d’octroyer 35 millions de dollars en 2016-2017 pour « accroître la réussite des élèves et des étudiants ». « On ne connaît toujours pas la répartition exacte de cette somme entre les réseaux », a déploré la porte-parole de la FCSQ, Caroline Lemieux.













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