Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Amis du Devoir
    Connectez-vous

    Violence sexuelle à l'université: la ministre perçoit un «changement de culture»

    18 mars 2017 |Vicky Fragasso-Marquis - La Presse canadienne | Québec
    La ministre de l’Enseignement supérieur Hélène David
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La ministre de l’Enseignement supérieur Hélène David

    À la veille du dernier arrêt des consultations sur la violence sexuelle dans les campus, la ministre de l’Enseignement supérieur Hélène David dit avoir remarqué un « changement de culture » sur le sujet.

     

    Dans la foulée de la série d’agressions sexuelles survenues à l’Université Laval au mois d’octobre dernier, Mme David avait annoncé le lancement de consultations afin de mieux prévenir et contrer les violences de nature sexuelle sur les campus.

     

    Mme David est allée du Québec, à Saguenay, en passant par Gatineau et Sherbrooke, puis lundi, elle participera à la dernière « journée de réflexion » à Montréal.

     

    À la fin de cette consultation, la ministre dit avoir été marquée par le « changement de culture » qui s’est amorcé sur le sujet, rappelant qu’il y a quelques années, il était rare que cet enjeu fût abordé.

     

    Mme David, qui avant d’entrer en politique était vice-rectrice à l’Université de Montréal, témoigne que les directions d’établissements discutaient très rarement de cette question.

     

    «Tout le monde en parle»

     

    Et maintenant, selon la ministre, tout le monde en parle, y compris les recteurs d’université, les directions des collèges, les policiers et les associations étudiantes.

     

    « Toute la communauté se mobilise, je pense qu’on assiste vraiment à un changement de société important », a-t-elle confié dimanche en entrevue avec La Presse canadienne en marge d’un événement sur la violence sexuelle dans les bars étudiants.

     

    Mme David compare la sensibilisation aux violences sexuelles aux grandes campagnes contre l’alcool au volant ou pour le port de ceinture dans la voiture.

     

    « La ceinture de sécurité, ça a pris des années. Les gens se disaient : « Qu’est-ce que c’est ça ? » Maintenant, il n’y a plus personne qui remet en question l’importance de la ceinture de sécurité, l’importance de ne pas boire quand on conduit », a-t-elle soutenu.

     

    Plusieurs propositions avancées

     

    La ministre souligne que plusieurs mesures seront proposées au terme de ces consultations, dont la présence d’un « témoin actif » lors des événements organisés sur les campus par les étudiants, notamment lors des initiations.

     

    Cette semaine le Globe and Mail rapportait qu’un étudiant de l’Université McGill avait été forcé à se dénuder, à boire de la vodka et à participer à des jeux sexuels avec des athlètes féminines pendant une initiation organisée par l’équipe de basket-ball de l’établissement, en septembre 2015.

     

    Mme David indique que dans chaque activité festive, il pourrait y avoir un « témoin actif » qui serait identifié par un t-shirt ou un logo particulier et qui pourrait recevoir les plaintes d’étudiants qui se sentiraient lésés.

     

    « C’est comme des conducteurs désignés. Quand on sort à quatre, cinq, six, il y en a un qui conduit, il ne boit pas. Là, tu sors à plusieurs, alors il y a toujours un témoin actif », a-t-elle illustré.

     

    Une autre mesure serait d’intervenir notamment dans les classes. Par exemple, si un incident survient dans le cadre d’un travail d’équipe à l’école, la victime doit pouvoir changer de coéquipiers.

     

    « Ça a l’air simple à dire, mais il faut que la communauté enseignante soit sensibilisée à cela et le change d’équipe », a expliqué la ministre.

     

    Lorsqu’elle a annoncé ses consultations, la ministre disait vouloir enchâsser ces propositions dans une « loi-cadre ».

     

    « Nous voulons devenir, avec ces mesures, parmi les plus engagés, parmi les plus progressistes en Amérique du Nord, en offrant à nos étudiantes et nos étudiants les meilleures conditions pour poursuivre leurs études dans des établissements exempts de violence à caractère sexuel », avait-elle déclaré en octobre dernier.













    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires


    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.