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    Le premier défi de Québec solidaire, celui de l’adaptation

    Si Gabriel Nadeau-Dubois a rallié le parti, le parti devra le rejoindre aussi

    10 mars 2017 |Marco Bélair-Cirino | Québec
    Gabriel Nadeau-Dubois appelle à un regroupement avec Option nationale.
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Gabriel Nadeau-Dubois appelle à un regroupement avec Option nationale.

    Québec solidaire devra s’adapter à l’arrivée de Gabriel Nadeau-Dubois et vice-versa, fait valoir le président sortant du parti politique de gauche, Andrés Fontecilla.

     

    M. Fontecilla a tenté de désamorcer les craintes de certains membres de longue date de voir l’ex-figure de proue de la grève étudiante du printemps 2012 faire main basse sur QS. « Il n’y a aucune perte de contrôle [du] parti [qui est appréhendée]. Gabriel arrive de façon humble à Québec solidaire », a-t-il déclaré après l’annonce de la candidature de « GND » au poste de porte-parole masculin ainsi qu’à l’investiture dans la circonscription de Gouin. Celle-ci est vacante depuis le retrait de Françoise David de la scène politique à la mi-janvier. « Il va y avoir une adaptation mutuelle », a poursuivi M. Fontecilla, aux côtés des députés Manon Massé et Amir Khadir. « Mais c’est surtout Gabriel qui va s’adapter à Québec solidaire, à notre culture. Il nous connaît. »

     

    M. Nadeau-Dubois s’est procuré sa carte de membre de QS — « le seul parti où [il est] chez [lui] » — quelques minutes à peine avant une conférence de presse courue par de nombreux journalistes, militants et employés de QS. L’homme de 26 ans a promis aux militants de QS de « procéder à un véritable renouvellement » de leur parti politique avec eux. « Je ne serai pas le P.K. Subban de la politique. Je vais jouer en équipe », a-t-il lancé, provoquant le rire dans la Maison-des-Marins.

     

    M. Nadeau-Dubois n’entend pas pour autant jouer les figurants à QS. D’ailleurs, il a insisté jeudi sur la nécessité d’« envisager dès maintenant une union » entre QS et Option nationale, et ce, pour chasser du pouvoir la « classe politique [qui] a trahi le Québec ». « Le Parti québécois et Québec solidaire ne partagent pas les mêmes principes fondamentaux. Ce n’est pas pour rien que ces deux partis-là évoluent en parallèle. Ça ne veut pas dire qu’on ne peut pas s’entendre de manière ponctuelle, bien sûr, je ne l’exclus pas. Mais, toute fusion, toute union politique derrière un programme commun, ça me semble impossible », a-t-il précisé.

     

    M. Nadeau-Dubois s’est présenté comme un « chef en puissance », profitant notamment de la grande notoriété publique qu’il a acquise lors du « Printemps érable », selon le titulaire de la Chaire de relations publiques et communication marketing de l’UQAM, Bernard Motulsky. « Il arrive dans le parti avec des éléments de programme. Comment cela va être reçu par les gens qui militent ? Ça va être intéressant de voir son apprentissage de la vie politique », a-t-il indiqué au Devoir.

     

    Pas une course à la chefferie

     

    À l’instar de tous les candidats à l’un des deux postes de porte-parole, M. Nadeau-Dubois s’est vu offrir l’aide de membres de la permanence de QS ainsi qu’un montant de 1200 dollars, afin de lancer sa campagne. « On se met à leur service », a expliqué la coordonnatrice des communications, Eve-Marie Lacasse.

     

    Il avait choisi une salle de la Maison-des-Marins : « un endroit qui est chargé d’histoire », qui de surcroît offre une vue imprenable sur le port de Montréal. « Pour moi, c’était important que ce soit un lieu qui reflète les ambitions que j’ai pour Québec solidaire, qui sont vraiment de répandre son influence politique sur l’ensemble du territoire québécois », a-t-il souligné.

     

    Les candidats aux postes de porte-parole ne sont pas assujettis aux règles concernant le financement et le contrôle de leurs dépenses de campagne prévues dans la Loi électorale, a fait valoir Mme Lacasse. Ainsi, l’excédent de dépenses sera assumé par M. Nadeau-Dubois. « Ce n’est pas une course à la chefferie. » En effet, QS n’a théoriquement pas de chef, mais bien un président et deux co-porte-parole.

     

    L’impact de l’arrivée de Gabriel Nadeau-Dubois dans les rangs de QS a été immédiat. Plus de 600 personnes ont mis la main sur une carte de membre, alors que d’autres ont effectué un don, dans les heures qui ont suivi sa sortie médiatique. « C’est plus d’un nouveau membre par minute. C’est exceptionnel ! » se réjouissait une employée de QS en soirée.

     

    Battage médiatique. Rapidement, la candidature de GND s’est hissée au premier rang du « top-3 » des nouvelles Québec d’Influence communication, et ce, avant même que l’ex-porte-parole de la CLASSE n’atterrisse sur les plateaux de télé, dont celui de l’émission de grande écoute Tout le monde en parle.

     

    « À Québec solidaire, on n’a jamais été très fort sur les sauveurs, mais c’est sûr qu’un activiste enraciné dans la communauté québécoise comme Gabriel l’est depuis maintenant cinq ans et plus, je pense que ça amène un vent de fraîcheur », a conclu la députée Manon Massé.













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