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    L’opposition veut plus de détails sur la légalisation du cannabis

    Le projet reste silencieux sur les coûts du système et du régime de taxation

    21 avril 2017 | La Presse canadienne à Ottawa | Canada
    À Montréal, au pied du mont Royal, comme dans plusieurs villes au pays, notamment à Ottawa, les partisans de la légalisation de la marijuana se sont réunis jeudi, comme tous les 20 avril, pour fumer un joint.
    Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir À Montréal, au pied du mont Royal, comme dans plusieurs villes au pays, notamment à Ottawa, les partisans de la légalisation de la marijuana se sont réunis jeudi, comme tous les 20 avril, pour fumer un joint.

    Les conservateurs accusent le gouvernement libéral de ne pas pouvoir préciser combien coûtera le système de traçabilité qui devrait être mis en place autour du commerce du cannabis.

     

    Santé Canada a indiqué qu’un système de suivi permettra de colliger de l’information sur les produits, mais pas sur les consommateurs. Le système de suivi permettra de s’assurer que le « cannabis légal » ne se retrouvera pas sur le marché noir, indique-t-on. Le ministère a aussi précisé que les entreprises et les organismes de régulation pourront retrouver tous les produits et procéder à d’éventuels rappels.

     

    Santé Canada assure que ce type de système de traçabilité a déjà été mis en place dans les États américains qui ont légalisé la vente de marijuana à des fins récréatives.

     

    Le porte-parole de l’opposition conservatrice en matière de Santé, Colin Carrie, déplore le fait que le gouvernement ne puisse chiffrer cette dépense dans le cadre de son projet de loi sur la légalisation de la marijuana.

     

    Au ministère de la Santé, on avoue ignorer les coûts d’un tel système de traçabilité, qu’il faudra par ailleurs définir. Mais on soutient que ces coûts devraient être assumés par la vente de permis et autres tarifs.

     

    Par ailleurs, le porte-parole néodémocrate en matière de Justice, Alistair MacGregor, déplore le fait que le projet de loi, déposé la semaine dernière, n’offre pas plus de détails sur les mesures fiscales qui s’appliqueront au commerce légal de marijuana.

     

    « Le jour du dépôt du projet de loi, ils ont invité la ministre du Revenu national [Diane Lebouthillier]. Mais on ne sait toujours pas combien coûteront le registre [de suivi] ou les mesures d’application de la loi — et quelle part de ces coûts sera pelletée dans la cour des provinces », a estimé M. MacGregor.

     

    L’opposition formulait ces commentaires jeudi alors que des milliers de Canadiens soulignaient un peu partout au pays la Journée internationale du cannabis. Sur la colline du Parlement, des militants déploraient le fait que le gouvernement libéral n’a pas décriminalisé immédiatement la marijuana, en attendant de mettre en place le nouveau système. Les libéraux répètent inlassablement qu’ils n’ont pas l’intention de le faire avant que la loi ne soit adoptée — d’ici juillet 2018, espère-t-on.

     

    En entrevue à la chaîne américaine de télévision Bloomberg, jeudi matin, le premier ministre Justin Trudeau a expliqué que son gouvernement part du principe que la marijuana n’est « pas bonne » pour le cerveau en plein développement des jeunes gens.

     

    « Nous devons restreindre l’accès à la marijuana — au moins autant que pour l’alcool », a-t-il soutenu. Par ailleurs, le crime organisé et les gangs de rue tirent de ce commerce illégal des milliards de dollars chaque année, des dollars qui financent ensuite d’autres activités criminelles, a rappelé le premier ministre.

     

    « Tout compte fait, on se rend compte que le système actuel ne fonctionne pas. »

    Communication difficile entre Ottawa et Québec Québec — Une lettre ouverte de la ministre fédérale de la Santé, Jane Philpott, qui accuse le gouvernement Couillard d’avancer des arguments trompeurs dans le dossier de la légalisation de la marijuana, a fait bondir la ministre québécoise de la Santé publique, jeudi. Lucie Charlebois s’est indignée, jeudi, de la communication déficiente entre les deux gouvernements sur l’enjeu du cannabis. « Honnêtement, quand j’ai pris connaissance de sa réponse ce matin dans les médias, je me suis dit que ça aurait été bien qu’elle me téléphone, mais bon, ça ne s’est pas passé comme ça », a dit la ministre Charlebois. Le projet de loi fédéral qui encadre la légalisation de la marijuana a été accueilli froidement par Québec la semaine dernière. Mme Charlebois s’était plainte du fait qu’il ne soit pas assorti d’un financement adéquat pour les provinces et avait qualifié les sommes mises de côté par Ottawa pour la prévention et les soins en santé mentale de « risibles ». Mme Charlebois a maintenu, en entrevue jeudi, que le gouvernement fédéral devra augmenter les sommes consacrées entre autres à la prévention, à la santé publique et à la formation des policiers, car la légalisation de la marijuana accentuera la pression sur les provinces.













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