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    L’Arkansas procède à la première exécution d’une série âprement contestée

    C’est la première exécution depuis 2005 dans l’Arkansas

    21 avril 2017 | Karim Lebhour - Agence France-Presse à Washington | Actualités internationales
    Photo: Pat Sullivan Associated Press

    L’Arkansas a procédé à la première exécution depuis plus de dix ans d’un condamné, parmi les huit détenus que cet État du sud voulait mettre à mort d’ici la fin du mois. Une série inédite qui fait l’objet d’une âpre bataille judiciaire.

     

    Ledell Lee a été exécuté jeudi soir juste avant minuit, après le rejet par la Cour suprême des États-Unis de demandes de sursis de dernière minute. Cet homme noir de 51 ans, condamné pour le meurtre d’une femme blanche en 1993, a reçu une injection mortelle composée de trois produits, dont l’un est à l’origine d’une vive controverse.

     

    « Ce soir, la sentence légale d’un jury, confirmée par les tribunaux tout au long de plusieurs décennies de contestations, a été exécutée », a déclaré dans un communiqué la procureure générale de l’Arkansas, Leslie Rutledge.

     
    Une première depuis 2005
     

    C’est la première exécution depuis 2005 dans l’Arkansas, qui prévoyait initialement d’en réaliser huit d’ici la fin du mois, du jamais vu depuis que la Cour suprême américaine a rétabli la peine de mort en 1976.

     

    Ces condamnations « à la chaîne » soulèvent une vive controverse aux États-Unis et les opposants à la peine de mort ont multiplié les procédures judiciaires pour les empêcher.

     

    Trois nouvelles exécutions sont programmées dans les prochains jours : celles de Jack Harold et Marcel Williams le 24 avril, ainsi que celle de Kenneth Williams le 27 avril.

     

    Quatre autres condamnés à mort que l’Arkansas entendait exécuter avant la fin du mois ont obtenu des sursis.

     

    Dans la nuit de mercredi à jeudi, la Cour suprême de l’Arkansas a octroyé un sursis à Stacey Johnson. Ses avocats demandaient une analyse ADN qui ne lui avait pas été accordée pendant son procès pour prouver son innocence.

     

    Lundi, la Cour suprême des États-Unis avait mis son veto à l’exécution de Don Davis, quelques minutes seulement avant sa mise à mort. L’homme avait déjà pris ce qui devait être son dernier repas.

     

    Bruce Ward, qui devait également être exécuté lundi, avait obtenu le 14 avril un sursis auprès de la Cour suprême de l’Arkansas.

     

    Enfin, un juge fédéral de l’Arkansas avait, le 6 avril, suspendu pour un mois l’exécution de Jason McGehee, prévue le 27 avril.

     

    Justifications

    L’Arkansas justifie ce rythme inédit dans les exécutions par la péremption à la fin du mois d’une substance utilisée dans les injections mortelles, le midazolam.

     

    Ce sédatif est censé rendre le condamné inconscient, avant que d’autres produits provoquent un arrêt cardiaque. Mais le midazolam est accusé d’avoir un effet anesthésiant parfois insuffisant, ce qui peut provoquer des souffrances.

     

    Si le midazolam reste légal, il est devenu extrêmement compliqué pour les prisons américaines de se fournir en nouvelles substances létales, en raison d’un refus d’approvisionnement de grandes firmes pharmaceutiques.

     

    Le gouverneur de l’Arkansas a donc décidé de procéder au plus grand nombre d’exécutions possible avant l’arrivée à expiration de ses stocks.

     

    Un autre produit utilisé dans les injections mortelles, le bromure de vécuronium, qui provoque une paralysie des muscles, fait lui aussi l’objet de procédures judiciaires.

     

    Une société de distribution de produits pharmaceutiques, l’entreprise McKesson, conteste l’achat de ce produit par les autorités pénitentiaires sans la prévenir que ce produit serait employé pour tuer des condamnés.

     

    La Cour suprême de l’Arkansas a toutefois autorisé l’administration pénitentiaire à utiliser ce produit.













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