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    Venezuela

    Adversaires et partisans de Maduro se défient dans la rue

    20 avril 2017 | Maria Isabel Sanchez - Agence France-Presse à Caracas | Actualités internationales
    L’opposition a convoqué pour jeudi une nouvelle marche contre le président Maduro, après la vaste mobilisation de mercredi.
    Photo: Carlos Becerra Agence France-Presse L’opposition a convoqué pour jeudi une nouvelle marche contre le président Maduro, après la vaste mobilisation de mercredi.

    Des milliers d’adversaires et de partisans du président socialiste du Venezuela, Nicolas Maduro, ont défilé mercredi dans les rues de Caracas, dans un contexte d’aggravation de la crise politique et économique.

     

    « Il faut sortir de cette dictature. Nous sommes fatigués, nous voulons des élections pour que Maduro s’en aille du pouvoir, car il a détruit le pays. Je n’ai pas peur ! » confiait à l’AFP l’un des participants au défilé contre le gouvernement, Ingrid Chacon, une secrétaire de 54 ans brandissant le drapeau jaune, bleu et rouge du Venezuela.

     

    L’opposition, dont c’est le sixième rassemblement depuis début avril, a promis qu’il s’agirait de « la mère de toutes les manifestations », pour exiger des élections anticipées et le respect du Parlement, la seule institution qu’elle contrôle.

    Il faut sortir de cette dictature. Nous sommes fatigués, nous voulons des élections pour que Maduro s’en aille du pouvoir.
    Ingrid Chacon, une citoyenne contre le gouvernement
     

    Les antichavistes (du nom du défunt président Hugo Chávez, 1999-2013) étaient toutefois empêchés d’entrer dans le centre de la capitale, où défilaient les partisans de Nicolas Maduro.

     

    « Nous sommes fermement aux côtés de Maduro par loyauté à l’égard de notre commandant éternel », Hugo Chávez, a assuré à l’AFP Nancy Guzman, une enseignante de 50 ans présente à la marche de soutien au chef de l’État.

     

    Deux personnes ont été tuées pendant cette journée de protestation par des tirs à la tête effectués par des inconnus circulant à moto: un adolescent de 17 ans à Caracas et une femme de 23 ans à San Cristobal, dans l’ouest du Venezuela. Plusieurs dizaines de personnes ont été blessées.
     

    Un des principaux responsables du pouvoir du président Maduro a aussi affirmé qu’un militaire, membre de la Garde nationale du Venezuela, avait été tué par des manifestants de l’opposition. Le parquet a confirmé à l’AFP la mort du militaire.

    En trois semaines, la vague de manifestations a fait sept morts et des dizaines de blessés. L’opposition dénonce la répression de la part des forces de l’ordre, qui ont arrêté plus de 200 personnes.

     

    Une vingtaine de stations de métro et de nombreux commerces de Caracas étaient fermés pendant que militaires et policiers bloquaient le passage des antichavistes sur les principales voies d’accès à la capitale.

    Photo: Ronaldo Schemidt Agence France-Presse Des milliers de manifestants ont affronté les forces de l’ordre à Caracas, la capitale, mercredi, les uns lançant des cocktails Molotov en réponse aux tirs de gaz lacrymogène des autres.
     

    Opposition redynamisée

     

    Au cours des précédentes actions de protestation, ce sont justement les opérations des forces de l’ordre pour repousser, à l’aide de gaz lacrymogène et de balles en caoutchouc, les manifestants, lesquels répliquaient avec des pierres et des cocktails Molotov, qui avaient dégénéré en violences.

     

    Mardi soir, Nicolas Maduro a par ailleurs activé un plan de défense policier et militaire pour « déjouer le coup d’État » fomenté selon lui par les États-Unis.

     

    Il réagissait ainsi à la pression internationale qui s’est accrue ces derniers jours : onze pays latino-américains ont demandé à Caracas de « garantir » le droit de protester pacifiquement, tandis que Washington a mis en garde contre toute mesure de répression.

     

    Le président du Parlement, Julio Borges, a quant à lui appelé les forces armées à être « loyales » à la Constitution en laissant les opposants défiler pacifiquement. Une allusion à la « loyauté inconditionnelle » à Nicolas Maduro proclamée lundi par le chef des armées et ministre de la Défense, Vladimir Padrino Lopez.

     

    Cette vague d’actions de protestation a commencé le 1er avril après la décision de la Cour suprême, considérée comme proche de Maduro, de s’arroger les prérogatives du Parlement, déclenchant un tollé diplomatique qui l’a poussée à faire machine arrière 48 heures plus tard.

     

    L’opposition a dénoncé une tentative de coup d’État, mais, paradoxalement, cet épisode lui a aussi donné un nouveau souffle, l’amenant à dépasser ses divisions intestines, et a relancé la mobilisation populaire à ses côtés, qui s’était assoupie ces derniers mois.













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