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    Emploi

    La robotisation aura des impacts limités, selon un dirigeant de l’OCDE

    19 mai 2017 | Karl Rettino-Parazelli à Gatineau | Actualités économiques
    Entre 2003 et 2015, le nombre de robots installés annuellement à travers le monde a plus que triplé.
    Photo: Chuck Burton Associated Press Entre 2003 et 2015, le nombre de robots installés annuellement à travers le monde a plus que triplé.

    Pas de panique, affirme Mark Keese, le chef de la Direction de l’emploi, du travail et des affaires sociales de l’OCDE : les changements technologiques n’entraîneront pas de chômage massif au Canada, comme le font craindre plusieurs études au ton alarmiste.

     

    Ce dirigeant de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), de passage jeudi à Gatineau pour participer au congrès annuel de l’Association des économistes québécois, ne remet pas en question les impacts potentiels de la robotisation sur le marché du travail. Mais il invite à la retenue.

     

    « Certains chercheurs ont dit que près de 50 % des emplois pourraient disparaître au cours des 10 ou 20 prochaines années. Je crois que c’est exagéré », a-t-il lancé devant un parterre d’économistes des secteurs public et privé.

     

    Selon les calculs de l’OCDE, 9 % des emplois canadiens pourraient disparaître au cours des deux prochaines décennies en raison de la robotisation et des changements technologiques, et 24 % subiront à tout le moins d’importants changements.

     

    Ces prévisions présentent un tableau moins sombre que celui dépeint par la firme McKinsey, qui estime qu’au Canada, 40 % des emplois actuels disparaîtront d’ici 10 ans. Le Brookfield Institute, un organisme de recherche affilié à l’Université Ryerson de Toronto, a pour sa part évalué que 42 % des emplois au Canada, tout comme au Québec, présentent un risque élevé d’automatisation.

     

    À l’inverse, un rapport dévoilé en mars dernier par l’Institut C.D. Howe concluait que seulement 1,7 % des emplois canadiens se trouvent dans des secteurs d’activités où le risque d’automatisation est jugé élevé pour 75 % des postes.

    9%
    Pourcentage des emplois canadiens qui pourraient disparaître au cours des deux prochaines décennies en raison de la robotisation, selon l’OCDE
     

    Tendance lourde

     

    Si les experts ne s’entendent pas tous sur les chiffres, la tendance de fond est cependant bien réelle. Entre 2003 et 2015, le nombre de robots installés annuellement à travers le monde a plus que triplé, passant de 80 000 au début du siècle à 250 000 il y a deux ans, a fait remarquer M. Keese.

     

    « Même si tous les emplois ne vont pas disparaître, ça va changer énormément. Il faut donc accompagner les travailleurs et leur donner des compétences supplémentaires », souligne le responsable de l’OCDE en entrevue au Devoir.

     

    « On voit que les gens qui ont une très forte compétence en littératie participent beaucoup plus souvent à la formation continue que les gens ayant moins de compétences. C’est un problème, précise-t-il. Il faut changer leurs mentalités, mais aussi leur donner les moyens de le faire », en offrant notamment des formations aux horaires flexibles.

     

    Occasion à saisir

     

    Dans le cas du Québec, les changements technologiques qui promettent de bouleverser plusieurs secteurs de l’économie ne doivent pas être vus comme un danger, mais bien comme une occasion à saisir, a fait valoir jeudi Dalil Maschino, qui est directeur de l’analyse et de l’information sur le marché du travail au ministère de l’Emploi.

     

    Après tout, si le Québec souhaite accélérer sa croissance économique et améliorer son niveau de vie, ses outils sont limités, a-t-il exposé : la population active diminue, le taux de chômage est bas et le taux d’emploi est élevé, ce qui signifie qu’il n’y a plus beaucoup de ressources disponibles pour faire croître la main-d’oeuvre.

     

    « Il reste la boîte magique, celle de la productivité. C’est dans ce contexte-là que les nouvelles technologies et les innovations représentent une occasion énorme. […] Ce n’est pas une mauvaise nouvelle, à condition d’attraper la balle au vol. »

     

    Le gouvernement du Québec semble conscient de la nécessité de former les travailleurs en cours de carrière et d’arrimer les besoins du marché du travail et la formation offerte dans les établissements d’enseignement. D’ici cinq ans, il prévoit d’investir 72 millions de dollars pour favoriser l’accès aux études à temps partiel et accroître l’accessibilité à de la formation continue ou d’appoint. Mais est-ce suffisant ?

     

    « Il est trop tôt pour savoir si ces initiatives vont réellement permettre de changer les choses », répond prudemment Mark Keese, de l’OCDE.













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