Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Amis du Devoir
    Connectez-vous
    Série historique

    Le producteur défend sa version non «exhaustive» de l’histoire du Canada

    Un épisode de la série « Canada: The Story of Us » met en scène l’histoire de Laura Secord et du guerrier cayuga John Tutela.
    Photo: CBC Un épisode de la série « Canada: The Story of Us » met en scène l’histoire de Laura Secord et du guerrier cayuga John Tutela.

    Devant les critiques croisées qui descendent en flammes la série Canada The Story of Us, la ministre responsable des célébrations du 150e anniversaire de la Confédération, Mélanie Joly, refuse de commenter la série, même si elle affirme avoir vu les deux premiers épisodes.

     

    « Je pense que de façon générale c’est important qu’on puisse avoir ces conversations difficiles sur notre histoire. Je ne commenterai pas davantage le contenu, la programmation à CBC Radio-Canada parce que, bien entendu, c’est indépendant de mes responsabilités, en fait, de mon ministère. »

     

    Dans une déclaration publique, la compagnie de production de la série, Bristow Global Media, affirme pour sa part n’être « pas nécessairement d’accord avec tous les commentaires ou analyses » qui ont été formulés à l’encontre de la série. En raison de sa représentation et de ses choix, la série a été décriée un peu partout au Canada.

     

    Bristow Global Media estime qu’elle n’a pas à justifier ses positions historiques dans la mesure où le format qu’elle a retenu est le docudrame. « Ce format n’a pas l’intention d’offrir une histoire exhaustive de notre nation. » Selon elle, la série propose de décrire une sélection d’événements qui ont aidé à « façonner le développement de notre pays ».

     

    Pour justifier ses choix, Bristow Global Media s’en remet au fait qu’elle est appuyée par le diffuseur public dans cette entreprise. « Notre série a été commandée par le service de langue anglaise de CBC TV pour le public parlant anglais. » Y aura-t-il une version française de la série ? Rien de tel n’est prévu, répond la CBC au Devoir.

     

    À la CBC, on affirme en outre être « très à l’écoute des critiques », mais on considère tout de même que la série répond à une intention première d’« encourager les Canadiens à discuter de leur histoire ».

     

    « L’intention était de faire découvrir des événements extraordinaires », affirme Emma Bédard, la porte-parole de la CBC dans ce dossier. Pour prendre un exemple, est-ce que la déportation des Acadiens n’est pas suffisamment marquante pour qu’on puisse éviter d’en parler dans un portrait de l’histoire canadienne ?

     

    « On ne peut pas parler de tout, mais seulement de cinquante histoires », se contente de répondre Mme Bédard.

     

    Elle confirme qu’il ne sera pas question de cet événement tragique dans ces vignettes vouées à célébrer l’Acte de l’Amérique du Nord britannique, adopté en 1867.

     

    Parmi bien des protestations, la Société nationale de l’Acadie (SNA) s’est fait entendre à ce sujet en demandant à la CBC d’offrir des excuses publiques au peuple acadien à la suite de cette série historique.

     

    Dans les moments de l’Histoire retenus par le producteur, pourquoi la CBC a-t-elle cautionné le fait que les Canadiens français soient représentés comme des gens négligés, alors que les personnages issus du monde anglo-saxon montrent une apparence le plus souvent impeccable ?

     

    « C’est une question que je dois poser », répond la porte-parole de la CBC, qui n’a finalement pas été en mesure de fournir une réponse au Devoir.

     

    Fallait-il inviter le premier ministre Trudeau à présenter la série en lui octroyant du temps à l’écran ? « C’est un format qui a déjà été adopté en Australie et en Nouvelle-Zélande. Chaque fois, on a invité le chef du gouvernement », soutient la CBC.

     

    Et ce choix de donner une voix au premier ministre n’a rien à voir, assure la CBC, avec la proximité d’un des deux rédacteurs de la série, M. John English, avec la famille Trudeau.













    Envoyer
    Fermer
    Articles les plus : Commentés|Aimés
    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.