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    Critique spectacle

    En direct de l’univers (parallèle) de Damien Robitaille

    21 avril 2017 |Sylvain Cormier | Musique
    Damien Robitaille
    Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir Damien Robitaille

    « On se connaît depuis longtemps, on a été tous les deux à l’École nationale de la chanson », rappelle Jonathan Savage, à qui revient la tâche de « réchauffer le poêle » pour Damien Robitaille. Je mesure le temps passé depuis que le Franco-Ontarien et le Gaspésien ont abouti tout naturellement au cégep de Granby, dans le local un peu difficile à trouver de l’École nationale de la chanson. Et je constate une fois de plus : la formation prodiguée a bien servi les gaillards. Le contraire d’un moule, plutôt un révélateur, un décapant d’artifices, un catalyseur de qualités distinctes. Il est sorti de l’École beaucoup d’artistes éminemment différents et passionnants, de Lisa LeBlanc à Damien, de Caroline Savoie à ce Jonathan épatant et marrant, qui sait se gagner un public en moins de vingt minutes.

     

    Pourquoi n’est-il pas plus connu ? Malchance, maldonne, allez savoir : les voies d’accès au succès sont impénétrables. Ça fait néanmoins fichtrement plaisir de le revoir, ce beau zigoto de Jonathan Savage, ça faisait une mèche. Ça donne envie de réécouter ses albums, tiens. Sûr et certain que des spectateurs, venus a priori au Club Soda pour la première montréalaise du spectacle de la tournée Univers parallèles de Damien Robitaille, ont été conquis, et que ça n’en restera pas là. La réaction est vraiment enthousiaste, et ce public aime de toute évidence les cas de figure.

     

    Damien en harmonie

     

    Le spectacle de Damien est tout autant première de nouveau spectacle que lancement de nouvel album : on en est là de nos jours, il faut maximiser l’impact. Ça démarre donc avec une poignée de baptêmes de scène : l’approche gospel-soul des chansons d’Univers parallèles donne le ton. Chaleureux et bienfaisant. « Vous vous êtes dit, on va passer une maudite belle soirée avec Damien ! » lance l’attachant auteur-compositeur-interprète. Ce n’est pas de la vantardise : on n’a aucun doute là-dessus. Ce type est trop naturellement sympa, et ses airs trop contagieux, c’était déjà vrai à l’École nationale de la chanson, quand il proposait Mètres de mon être, Électrique, Porc-épic.

     

    Les nouveaux titres sont pareillement craquants, même s’il y a moins de jeux de mots et plus de dévoilement. On s’amuse, on remue, on chante ses refrains. Pas grave si l’album a tout juste deux semaines dans le corps : on répond. C’est la force de Damien Robitaille : on est instantanément chez nous quand on est chez lui. J’appelle ça des chansons à bras ouverts : Signe de vie, Tout feu tout flamme, Ennemi imaginaire, Rêve récurrent, on les entonne illico, avec le même entrain que les chansons d’Homme autonome, son disque le plus connu.

     

    Et comme à chaque album, Damien émeut autant qu’il réjouit : Le fleuve est une très sensible ballade d’amoureux. Et Fabienne Gilbert et Marie-Christine Depestre, les deux musiciennes qui, de part et d’autre de son piano, assurent en même temps les choeurs, baignent d’âme et d’harmonies la mélodie. Et les deux musiciens derrière, Carl Bastien et Max Sansalone, fournissent le groove de base. Damien lui-même se fend d’un joli solo de guitare aux lignes bââââsses dans S.O.S. : la musique fait autant de bien que le gars.

     

    Ce n’est pas le party rétro seventies d’Homme autonome, ni la fiesta latino d’Omniprésent : le gospel et le soul n’ont pas besoin de mise en scène pour que l’on exulte. Suffit que le groove permette d’onduler, et que les choristes accentuent les phrases clés : on se dandine, on ne se fait pas prier pour faire la grande chorale dans Le mot de passe. Damien a-t-il été plus à l’aise que ce jeudi soir au Soda ? Une fois le veston enlevé, en chemise rouge, il est moins personnage et plus que jamais tel quel. En vérité, je retrouve le Damien Robitaille du temps de l’École nationale de la chanson : à la fois candide et unique. Mais en toute connaissance de cause.













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